EXTRAITS de l'INTRODUCTION


LE CODE POUR UNE ÉTHIQUE GLOBALE :

Vers une civilisation humaniste
                        par Rodrigue Tremblay


UN NOUVEAU CODE MORAL

Depuis que les humains vivent en groupe ou en société afin de mieux s'entraider et de mieux assurer leur survie, la question morale s'est forcément retrouvée au cœur des rapports interpersonnels. Dans ce sens, la moralité est sans doute la plus ancienne des questions philosophiques. Mais, qu'est-ce que la moralité?La moralité est une caractéristique du comportement humain; elle détermine quand une action est bonne et quand elle est mauvaise. Elle peut être générale ou spécifique. L'être humain a un sens inné de ce qui est bon ou mauvais, indépendement de tout ce qui est déité ou supernaturel. C'est son code moral de base. A titre d'exemple, les gens savent d'instinct que tuer son semblable est répréhensible et que voler les autres est mauvais.

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Ce livre présente les grandes lignes d'une moralité globale pour tous ceux et celles qui souhaiteraient suivre ses préceptes afin de penser et vivre en tant qu'humaniste. On y trouvera la charpente d'un code moral objectif fondé sur les notions de l'humanisme rationnel et les raisons d'agir moralement dans différentes situations et circonstances dans le contexte global qui est le nôtre présentement.

Puisque notre perspective sur le monde influence comment nous nous comportons face aux autres, on doit évaluer tout code moral à partir de la façon dont ses adhérents traitent les autres et si oui ou non son application améliore la vie des gens. Si ceux qui le suivent ont peu de regard pour les autres et si leurs valeurs morales finissent par abaisser la qualité de vie d'autrui, on est en présence d'un mauvais code moral; si, par contre, ceux qui y adhèrent ont de la considération et de la compassion pour les autres, les traitent avec dignité et respect, et que cela résulte en une amélioration de la qualité de vie du plus grand nombre, on dira alors qu'il s'agit d'un bon code moral. — C'est là le test ultime et pragmatique qui repose sur des résultats concrets.

En décembre 2004, le Mouvement Laïque Québécois me décerna le Prix Condorcet de philosophie politique. À cette occasion, on me demanda de faire une courte présentation sur les origines de la moralité humaine (métaétique). Au cours de mes recherches, et après avoir consulté une foule d'ouvrages laïcs et religieux sur la question, ce qui me frappa fut de découvrir combien restreint le concept de moralité humaine a été conçu et appliqué à travers les âges. Ce qui m'étonna le plus fut le fait que dans la plupart des cas, surtout quand il s'est agi de moralité politico-religieuse, on a eu tendance à réserver l'application des principes moraux retenus à un groupe ethnique particulier, à une nation en particulier ou aux initiés d'une dénomination religieuse quelconque. Dans presque tous les cas, on ne percevait pas les principes moraux comme étant des valeurs universelles devant s'appliquer à tous les humains sans distinction de race, de langue ou de pays.

Il semblerait que le but premier des leaders politico-religieux d'autrefois fut de se servir de préceptes moraux à saveur religieuse dans le but expresse d'accroître la cohésion sociale et politique de leur groupe ou de leur communauté, et de renforcer son unité. Souvent, cependant, cela se fit en sacrifiant les relations harmonieuses avec les autres, en accentuant ce qui les distinguait des autres groupes, et parfois même en allant jusqu'à nourrir et à accentuer un sentiment d'hostilité envers d'autres communautés humaines. Cette observation m'a conduit à l'observation que les codes moraux anciens, et en particulier les codes moraux à base religieuse, laissent beaucoup à désirer si on veut s'en servir pour solutionner les problèmes modernes d'éthique. C'est qu'ils ont malheureusement été conçus pour un autre temps alors que prévalait une vison plus ethnocentrique et plus belliqueuse du monde.

Il est relativement facile de conclure de cette façon en faisant une lecture attentive des livres supposément « saints » des principales religions monothéistes ou abrahamiques: le judaïsme (la Tora), le christianisme (la Bible) et l'Islam (le Qur'an ou Coran).

Dans ces trois livres que l'on prétend être le produit d'une révélation divine, on découvre, par exemple, qu'il est dit de « ne pas tuer ». Mais il est sous-entendu qu'il ne faut « pas tuer les membres de son propre groupe ». Mais pour les autres, les « non-initiés » —les voisins, les infidèles, les incroyants, les mécréants, les païens, les ennemis, tout est permis. C'est ainsi que le trouve dans le livre de Deutéronome 20:16-17 une incitation directe à commettre un génocide, et donc de tuer, à l'endroit des peuples avoisinants: « Quant aux villes de ces peuples que Yahvé votre Dieu vous donne en héritage, vous n'y laisserez pas subsister âme qui vive. Mais, vous les exterminerez complètement : les Hittites, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Yebousiens, ainsi que vous l'a commandé Yahvé votre Dieu. » On découvre de semblables incitations à la violence et à la cruauté dans le livre saint de l'Islam, le Coran. On a peut-être là l'explication première pourquoi les personnes qui sont des fanatiques religieux n'ont aucun remords à tuer ceux qu'ils considèrent leurs ennemis, ou tout individu qui ne fait pas partie de leur groupe d'initiés, quelle que soit la façon qu'ils le définissent.




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